Les responsables du projet de valorisation de la langue française sont heureux de vous présenter le corrigé de la Dictée CLG 2017. Cette année, elle a été écrite par Camille Lepage, la lauréate qui a remporté le concours de rédaction!

Camille Lepage

Voici sa présentation en quelques mots.

« J’étudie dans le programme Histoire et civilisation depuis maintenant deux ans. J’ai participé au concours parce que j’adore écrire, je trouve que c’est libérateur et c’était une belle opportunité de partager ma vision des choses avec le public. J’ai toujours été bonne en français, mais je crois que la lecture aide beaucoup. Je suis une grande lectrice, je lis surtout des romans policiers et des récits fantastiques. Finalement, j’aime beaucoup la langue française, c’est une langue très riche qu’il faut être fier de connaître! »

Dictée CLG 2017

À l’aube, elle s’éveilla en grognant. Péniblement, elle s’étira, puis, se trainant (orthographe traditionnelle : traînant) jusqu’à l’ilot (orthographe traditionnelle : îlot), elle mit en marche sa radio abimée (orthographe traditionnelle : abîmée). Une voix criarde emplit alors la pièce plongée dans la pénombre. Un incendie avait consumé un abattoir, et le cacatoès à huppe jaune était officiellement en voie d’extinction. Lassée, elle détourna son attention de la voix de crécelle et fixa l’horizon à travers sa fenêtre craquelée. La terre rouge et les feuilles mortes semblaient figées sous une couche de givre, et les arbres dénudés, semblables à des ombres, se balançaient, portés par le vent glacial. L’amertume que ressentait la femme n’avait rien à voir avec le café tiède qu’elle sirotait. Cette journée promettait d’être aussi morose que les précédentes. Changeant de position sur sa chaise, elle aperçut une ecchymose jaunâtre striant sa cuisse. Songeuse, elle envisagea de se vêtir d’un pantalon afin de camoufler cette imperfection. Elle se dirigeait vers le séjour lorsqu’une douleur aigüe (orthographe traditionnelle : aiguë) se répandit au niveau de son pied. Son petit orteil avait heurté le coin d’un manuscrit qui errait sur le sol. S’agenouillant, elle le prit, puis, du bout des doigts, elle caressa la reliure poussiéreuse. S’agissait-il d’un récit philanthropique, d’un édit philosophique ou même d’une nouvelle littéraire ? Elle l’ouvrit et y découvrit des contes pour enfants, tout bonnement. Elle entama la lecture de la première histoire, puis, se laissant bercer par les fins heureuses, lut jusqu’à la dernière phrase. Les gnomes côtoyaient les diseuses de bonne aventure, et les chérubins exauçaient les vœux. Les images enfantines dansaient dans les yeux de la femme, qui retrouvait peu à peu son cœur d’enfant. Lorsqu’elle referma le manuscrit, au crépuscule, la jeune femme se surprit à sourire. En fin de compte, il n’y a rien de tel qu’une bonne histoire pour mettre un baume sur un cœur chagriné.

Phrase de départage des participants de la catégorie «Excellence»:

La carte postale qu’elle s’est imaginé donner dépeignait des sphaignes squarreuses inouïes et des cyclamens aux fleurs orange, qui poussent au Moyen-Orient, précisément dans les anfractuosités des chemins qui bordent la mer Méditerranée. (Sylvie Plante)