Par Pascal Gemme, pour l’équipe de la valorisation de la langue au Collège Lionel-Groulx

Ce billet sera, évidemment, le dernier de cette année 2018-2019, ma première en tant qu’enseignant responsable de la VLF! J’en profite pour vous souhaiter de très belles vacances estivales et un repos bien mérité afin de revenir en grande forme à l’automne! Je saisis également l’occasion au bond pour vous proposer quelques suggestions de lectures, certaines de mon cru et d’autres qui m’ont été proposées par des collègues et une ancienne étudiante.

Bon été et à très bientôt!

Mes suggestions:

J’ai eu envie de vous proposer deux ouvrages d’anciens étudiants du collège Lionel-Groulx, tous deux publiés chez Les éditions de ta mère, maison d’édition fondée également par d’anciens étudiants et d’anciennes étudiantes du Collège.

Jaquette du roman Des explosions, de Mathieu Poulin

Des explosions – Mathieu Poulin (2015)
Roman aussi étonnant que désopilant, à condition bien sûr d’aimer l’ironie et le second degré, ce premier roman est une fausse biographie du réalisateur de films d’action Michael Bay. Mathieu Poulin trace un portrait déstabilisant de Bay qui serait en fait un amateur de philosophie et un grand intellectuel incompris, développant dans ses films des thèmes tels que le « discours de la décolonisation dans Bad Boys ou des zones de friction entre l’astrophysique et la métaphysique dans Armageddon. »

Extrait:
D’un cockpit à l’autre, les regards de Michael Bay et de Ben Affleck se croisent, échangent une certaine détresse. À plus de vingt mille kilomètres à l’heure, les vaisseaux se caressent légèrement, dos à dos. La collision est évitée de justesse, mais un fragment de météroïde atteint le propulseur fonctionnel d’Indépendance presque au même moment. Vérité résonne et le champ de vision du cinéaste s’emplit de flammes. Tout s’embrouille. Cette fois, est-ce la mort? Non, ce ne peut pas être la mort. Pas avant d’avoir reconquis Daphné. Pas avant d’avoir trouvé la force de renouer avec ses parents. Pas avant d’avoir percé le mystère du sens. Pas avant que tous le reconnaissent comme le plus grand intellectuel de son siècle. 1

1. Extrait et citation tirée du site des Éditions de ta mère

Si j’étais un motel, j’afficherais jamais complet – Maude Jarry (2019)

Ce recueil de poésie de Maude Jarry, diplômée en Arts et lettres, profil Lettres devenue depuis thanatologue, a été encensé par la critique au printemps dernier. Anne-Frédérique Hébert-Dolbec en parlait en ces mots dans le Devoir, en avril dernier: » S’il existe une poésie dans le trash, les motels de bord de route et les sacs de poubelles éventrés sur les trottoirs, si la mort, la déchéance et la maladie recèlent parfois des indices dorés du passage des fées, la poétesse Maude Jarry l’a compris depuis longtemps. » Par son usage particulier de la langue et la noirceur de ses thèmes, la poésie de Maude Jarry provoque et surprend, mais elle ne laisse personne indifférent.

Extrait:

si j’étais un motel/j’afficherais jamais complet/sur mon panneau en néon cheap/y aurait toujours au moins/une maudite lettre de brûlée/les gens parleraient de moi en disant/c’est pas neuf neuf le matelas était bof/mais la literie sentait bon/pis au moins c’était propre3

3. Extrait tiré du site des Éditions de ta mère

 


Les suggestion de Kamille Gagné, ancienne étudiante du Collège

Kamille Gagné est diplômée de la cohorte 2016-2018 du programme Arts, lettres et communications, option Littérature. Elle étudie actuellement en Musique et Anthroplogie à l’Université de Montréal. Elle travaille également comme libraire à temps partiel. À ma demande, elle vous propose ses suggestions de lecture.

Jaquette du roman d’Olivier Sylvestre, tirée du site de la collection Hamac

Noms fictifs – Olivier Sylvestre (2018)
L’aute
ur de ce récit, publié dans la collection Hamac chez Septentrion, est intervenant dans une résidence temporaire pour les toxicomanes de la rue et il a choisi de transposer ses expériences dans un roman. Le sujet est dur, mais l’écriture est remarquable. Une des particularité de ce roman, finaliste au Prix des libraires 2018, est que les chapitres ne se suivent pas nécessairement. On peut donc lire et s’arrêter sans perdre le fil de l’histoire. Des conditions parfaites pour une lecture d’été, malgré un sujet moins léger.

Extrait:

« Derrière ses hurlements de fauve / ses gestes désordonnés / vous y avez lu quelque chose / quelque chose de beau / comme un plaidoyer », suppose-t-il, en s’adressant au témoin de cette scène. « Un plaidoyer en bonne et due forme / pour une société plus juste / pour plus de logements sociaux et moins de tours / à condos / pour des ressources en santé mentale et en / dépendance mieux financées / […] et pour un regard un peu plus humain porté sur / les gens comme lui / par les gens comme vous et moi […] »

 

 

 

Un monde flamboyant – Siri Hustvedt (2014)

Harriet Burden est une artiste qui, à la mort de son mari, décide de vivre ce décès comme une libération. Pendant plusieurs années, elle pratique l’art de l’installation et demande à des hommes de prétendre qu’ils sont les créateurs de ses œuvres. De cette façon, Hustvedt explore l’univers artistique et la difficulté qu’ont les femmes d’obtenir la reconnaissance de leur art.

Extrait:
Je soupçonnais que si j’étais arrivée sous un autre emballage, mon œuvre aurait pu être accueillie ou,du moins, approchée avec plus de sérieux. Je ne pensais pas qu’il y ait eu un complot contre moi.Il y a beaucoup d’inconscient dans le préjugé. Ce qui affleure à la surface, c’est une aversion non identifiée,que l’on justifie alors de quelque façon rationnelle. (p.41)

La suggestion de ma collègue Julie Cauchy, enseignante au département de français

Enseignante de littérature, Julie Cauchy s’intéresse beaucoup à la bande dessinée d’auteur. Elle nous propose ici un titre récent qui a attiré son attention. Il s’agit d’une bande dessinée qui transpose en images le fruit d’un reportage.

 

Love Story à l’iranienne – scénario de Jane Deuxard, illustrations de Deloupy (2017)

Résumé:

« Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime. Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre [son histoire d’amour]? » (résumé tiré du site des Éditions Delcourt)

                                                                  Planches tirées de Love Story à l’iranienne, sur le site des Éditions Delcourt


La suggestion de mon collègue Guy Ferland, enseignant au département de philosophie

Professeur de philosophie, mais aussi ancien journaliste et grand lecteur, Guy Ferland nous propose le dernier titre du prolifique et populaire écrivain français Guillaume Musso.

Jaquette du roman La vie secrète des écrivains, tirée du site des éditions Calmann-Lévy

La vie secrète des écrivains – Guillaume Musso (2019)

Résumé officiel:

« En 1999, après avoir publié trois romans devenus cultes, le célèbre écrivain Nathan Fawles annonce qu’il arrête d’écrire et se retire à Beaumont, une île sauvage et sublime au large des côtes de la Méditerranée.

Automne 2018. Fawles n’a plus donné une seule interview depuis vingt ans. Alors que ses romans continuent de captiver les lecteurs, Mathilde Monney, une jeune journaliste suisse, débarque sur l’île, bien décidée à percer son secret.

Le même jour, un corps de femme est découvert sur une plage et l’île est bouclée par les autorités. Commence alors entre Mathilde et Nathan un dangereux face à face, où se heurtent vérités occultées et mensonges assumés, où se frôlent l’amour et la peur… » (tiré du site de Guillaume Musso)

Extraits de la critique d’Iris Gagnon-Paradis dans La Presse:

« Dans ce roman aux multiples ramifications, qui prend un malin plaisir à jouer au chat et à la souris avec le lecteur, Musso offre une palpitante mise en abîme de la vie d’écrivain, mettant même son double fictif ultimement en scène. »  […]

« Truffé de références littéraires, de citations d’auteurs célèbres et de réflexions sur la littérature, dont l’éternel débat entre divertissement et « vraie » littérature, La vie secrète des écrivains donne à voir un Musso au sommet de son art. »